Samedi 20 juin 2009
Que puis-je être... sans rien ?
Par Sponge
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Mardi 26 mai 2009

Voilà. J'ai terminé mes changements. Maintenant vous pouvez vous retourner.

JC, j'essaie de suivre tes conseils. Plutôt que de chercher à quoi diable je peux bien penser j'écris crues mes pensées. Je tiens à bout de bras l'ascétisme maintenant! Merci!

Par Sponge
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Mardi 26 mai 2009

En proie au doute…
L'horrible doute. En tache de fond sur mon passage, il est toujours prêt à surgir derrière moi pour m'anéantir, enclin aux bassesses les plus ignobles – dégueuler sur mon passage, se faire passer pour moi, bien d'autres choses encore – Et quand je dis "bassesses", j'imagine aussi bien coups bas qu'au dessus de la ceinture. Mais ne vous croyez pas à l'abri si vous n'avez pas de ceinture. Un appât sans hameçon reste mangeable. De toute façon vous n'êtes pas des appâts – je parle de la plupart d'entre vous ; et que les vers de terre me pardonnent – bref. Le doute n'ignore quiconque. Même pas les bretelles, ni les hanches nues. Je veux dire, la ceinture au sens anatomique, qui se trouve au niveau de celle qui vous manque. Enfin je crois.
Comprenez-moi bien. Je ne parle pas du doute comme d'un parasite ou d'une maladie, c'est en vous, comme l'encre qui coule dans un calamar. Comme lui vous l'infusez à volonté dans l'air, et cela produit, comme pour un calamar, ces volutes emmêlées qui rendent aveugle, un peu comme le devient un serpent lorsqu'il mue.

Mais oui, c'est que le doute veut en vérité, ma peau! – j'ai l'air engoncé là dedans, c'est vrai, j'étouffe presque!
Aïe. ça-y-est!
Vous voyez comme il est rapide ? En un rien de temps j'étais séduit, il faut le dire! Oui. Je l'approuvais bien vite. Il me confortait en quelque sorte, le doute. J'étais pourtant bien loin de lui accorder du crédit, mais bien obligé en même temps de céder à son chantage honteux – il prenait mes organes en otage –
Il réussissait à chaque fois à me persuader que ma propre vie avait fini de me plaire, qu'elle n'avait été en somme qu'un lamentable échec, incomparable à la réussite indéniable des autres; que mes succès passés n'étaient rétrospectivement qu'une affaire de chance, que mon corps tout desséché – il m'assimilait à une feuille blanche – ne pourrait plus grand chose maintenant.
Très agile il dévalait sur mon chemin, me passant sur le corps. Bloquant le passage. J'essayais de prévoir sa trajectoire, pour l'éviter, car bientôt on risquait de se heurter, mais il la modifiait en conséquence, me renvoyant une image retardée de moi-même;  finalement notre rencontre se trouvait nécessaire. Mais le choc était indolore. Mon corps tressaillait simplement sous l'assaut, ne comprenant plus rien et s'oubliant aussi, flottant entre des réalités qui l'ignoraient et qu'il ignorait désormais. Ce que j'avais su auparavant je l'oubliais momentanément, je disjonctais en quelque sorte, je sautais comme le cosmonaute inspiré. Je retombais si brutalement par la suite que je finissais par me tasser en dehors de mon épiderme, laissant ma mue jouer de l'accordéon autour de mon corps rétréci de plus en plus. Rebondissant encore je rétrécissais jusqu'à disparaître sous l'inspiration du monde. Et je subissais, rendez-vous compte à quel point j'eus pu être fatigué, plusieurs centaines de mues dans la journée!

Mais oui! Si je ne cesse d'écrire, c'est précisément parce que je ne sais pas écrire!

On ne me demandait pas la lune et je décrochais Pluton, ce qui plaisait encore moins.

Par Sponge
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Lundi 25 mai 2009
Aujourd'hui, ne m'en voulez pas, je remâche mes articles. Cette statue, en particulier, m'obsède.
Par Sponge
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Samedi 23 mai 2009

Tentez un face à face à trois! Une bataille sans cartes! Une marche sans escaliers! Vous verrez alors comme il est réjouissant de s'abandonner au non sens!

(…) Certains m'ont demandé hier soir des nouvelles de ma statue. Elle va bien. J'ai du mal à contenir mes idées qui ne la lâchent pas – elles ne m'écoutent du reste plus du tout, changeant encore, évoluant de leur côté. Comme elles grandissent vite! – mais enfin; j'ai bon espoir de la revoir un jour (…)


Je suggérai à ma mère qui, inquiète de voir nulle part un emplacement pour son parapluie tournait en rond, ne sachant quoi faire, de l'enfoncer dans sa formidable tignasse. Ainsi eurent sans doute fait des dames très dignes d'une ombrelle pendue à leur verre vide un jour lourd d'été. Mon idée dut être déplacée ou très mal formulée, car aussitôt elle m'assassina du regard.

Par Sponge
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